P.R.A.Y

P.R.A.Y // A diary of prayers, thoughts and studies... //

01 septembre 2008

Philosophie, pensée magique ...

jesusnietzsche_copie

Depuis environs huit mois, je collectionne des petits problèmes de santé qui s'accumulent et se suivent sans jamais s'arrêter. Jamais rien de grave, mon mode de vie et ma physiologie font que j'ai des problèmes de douleurs nerveuses, à la nuque, au dos, et parfois de légers troubles de la vision et des vertiges. Rien de grave, j'en connais la cause et je lutte contre, et cela ne m'empêche aucunement de vivre. Simplement cela me préoccupe, je suis souvent stressé, inquiet, je me demande ce que cela va donner, si c'est uniquement la partie émergente de l'iceberg, et que sous la surface se cache quelque chose de plus grave ...
   Je n'y peux rien, c'est totalement incontrôlable, viscéral, presque maladif, parfois ce sont mes pensées qui font que je me sens stressé physiquement, parfois même lorsque mon esprit est tranquille mon corps lui montre des symptômes de stress.
   Alors j'essaie de me rassurer, de me raisonner, de placer ma confiance dans quelque chose. Je lis la Bible, mais souvent malheureusement, en lisant des exhortations à être confiant dans les épreuves et à supporter tout ce qui arrive, je ne me sens pas rempli de confiance, mais au contraire cela semble souligner que ces problèmes sont là, cela donne même à ma condition un certain fatalisme qui me fait exagérer mes problèmes. Sans nul doute ma foi n'est pas encore assez active pour me permettre de gérer des situations stressantes, et c'est une chose à laquelle je dois travailler.
   Mais je me suis rendu compte que la philosophie, elle, m'aide souvent à sortir de cet état de stress. Parfois, cela tient de la plus pure distraction de l'esprit, qui fait que, focalisant toute ma pensée sur une lecture philosophique, j'en oublie mes problèmes, mais ceux-ci réapparaissent une fois la lecture terminée. Mais parfois, la philosophie apporte à ma pensée, non pas une résignation comme quand je lis la Bible, mais une sorte d'élévation de l'âme qui fait que mes problèmes paraissent bien peu en considération de toutes les autres préoccupations que la philosophie m'apporte. C'est comme une pensée magique, thérapeutique, et elle est assez efficace, bien que toujours temporaire. Je me rend compte que la philosophie, de ce point de vue, tient plus du médicament que du vaccin, elle soulage l'âme des problèmes pour un temps plus ou moins déterminé, mais c'est la foi qui permet de se préserver réellement des problèmes. Pour l'instant, mon âme parfois attaquée par des petits problèmes soupire d'avantage à une solution de facilité, une solution efficace et rapide qui ne tient compte que de l'immédiat. Et même si mon esprit a suffisamment de discernement pour savoir que la foi prévient autant que guéris, je ne suis pas encore assez affermi en elle pour pouvoir en bénéficier considérablement. Je pense qu'il convient pour l'instant de cultiver foi et philosophie afin de pouvoir venir à bout de mes maux, et de par la suite conserver les deux pour sortir de la négativité de mon être, pour arrêter de réparer, afin d'entrer dans une phase de positivité, jalonnée de nombreuses constructions...

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Jesus VS. Philo : second round

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Voilà, j'ai l'impression que pour moi, les problèmes ne sont jamais réglés de manière définitive. Je pense en être venu à bout, et voilà que quelques jours après ils reviennent avec de nouveaux aspects insoupçonnés... Évidemment, je ne me fais pas d'illusions, les choses sont ainsi parce que mes problèmes ne sont jamais objectivement simples, ils ont toujours un caractère existentiel, même si parfois c'est moi qui leur confère pour leur donner plus d'importance qu'ils n'en ont réellement...
Enfin, voilà que l'opposition entre la philosophie et la foi revient sur le devant de la scène dans mon esprit, et comme d'habitude il revient toujours plus fort, comme si il voulait constituer un genre de saga cinématographique dans mon existence, et qui aurait besoin de nouveaux aspects encore plus extraordinaires pour parvenir à capter l'attention du public, c'est-à-dire moi-même, ou bien les (la) personne(s) de mon entourage.
Et cette fois-ci, c'est un aspect plus pratique qui s'ajoute à la problématique. Pourquoi est-ce que je privilégie, en terme de temps, d'assiduité, et de moyens, l'étude de la philosophie par rapport à celle de la Bible ? Qu'est ce qui est le plus important pour moi ? Selon le précédent article, l'étude de la philosophie me sert à compléter ma pensée pour pouvoir comprendre les autres. Mais alors c'est la Bible qui devrait primer sur le reste. Et ce n'est manifestement pas le cas.
Je déploie une énergie à l'étude de la philosophie qui est sans comparaison à ce que j'octroie à Dieu. J'étudie actuellement l'Ethique de Spinoza, et parallèlement au livre je possède deux études explicatives, dont une que je lis de manière suivie pour une meilleure compréhension, et je prend des notes abondantes à la fois du livre de Spinoza et de l'explication, ce qui constitue un travail énorme (j'ai lu une page et demie de l'Ethique en une semaine et demie, avec entre une et trois heures de travail par jour ...).
     Mon esprit profite donc de ce déséquilibre pour ménager un effet scénaristique peu original mais qui fonctionne assez bien : tout ce que vous croyez vrai ne l'est pas forcément ! Pas formidable, mais pour les questions métaphysiques, on est mauvais scénariste lorsque nos connaissances sont très limitées, les intrigues s'affinent au fur et à mesure de l'accroissement des connaissances. Mais la différence majeure avec le cinéma, c'est qu'ici l'effet scénaristique n'est pas complété par la phrase "c'est l'heure des révélations". Pour les questions métaphysiques rien n'est donné, les doutes sont là mais les réponses sont à trouver.
   Alors, vais-je conclure la saga une fois pour toutes ? Une simple affirmation ou prise de position radicale pourrait mettre fin à ce blockbuster intérieur, mais je n'en suis pas capable ? Je ne sais si cette option serait la plus simple ou la plus difficile, mais elle ne me satisfait pas. Suis-je voué à ne jamais trouver de réponses valables à mes questions ? Peut-être suis-je attiré par ce doute perpétuel ? Est-il pour moi un moyen de naviguer indéfiniment entre toutes les positions possibles afin de m'enivrer de tous ces possibles, tous ces devenirs qui ne deviendront jamais ? Ais-je peur, en n'en choisissant qu'un, que les autres me soient perdus et interdits à jamais ? Peut-être ne suis-je pas capable de perdre toutes les possibilités, et que c'est la raison précise qui me pousse à ne faire que des choix temporaires. Voilà pourquoi j'étudie la philosophie. Parce que perdre tous ces possibles pour ne laisser que la foi me parait inacceptable, c'est une trop grosse perte, tout ce savoir qui ne demande qu'à être acquis par mon esprit, toute cette sagesse humaine, un trésor inestimable que je ne peux me résoudre à perdre. Bien sûr, le posséder en entier est impossible à un homme, mais avoir la possibilité, savoir que toute cette connaissance est potentiellement accessible, est déjà un trésor suffisemment précieux pour que je ne puisse me résoudre à l'abandonner à d'autres. Regardez, déjà d'autres que moi sont en train de se l'approprier, ils le possèdent plus que moi, et il m'est intolérable de ne rien faire pour les égaler et les dépasser !
   Quelle est la nécessité de posséder cela ? N'as-tu pas déjà dans la parole de Dieu toute la connaissance nécessaire, et même, potentiellement, une source de connaissances inépuiable ? Oui, mais cela ne me suffit pas ! Je ne suis pas uniquement sur terre pour aller ensuite au ciel ! Je ne suis pas ici pour me tourner entièrement vers autre chose ! Les choses du monde ne sont pas méprisables, elles nous sont données par Dieu pour que, dans le temps qui nous est imparti, nous les utilisions pour le glorifier et permettre à ceux qui viennent de le trouver plus vite, plus facilement. Oui, mais alors, en quoi est ce que la philosophie t'aide dans cette tâche ? Eh bien, la philosophie me permet l'accès à la sagesse des hommes. Elle est imparfaite, elle est parfois folie, mais il est de nombreux hommes qui n'entendent rien à la sagesse de Dieu, mais qui l'entendent lorsqu'elle est amenée par la sagesse des hommes. Est-ce une manière de tricher ? Tu penses que le Saint-Esprit n'est pas assez efficace ? Ce que Dieu dit est moins bien que ce que toi tu peux dire ? Calmons nous ! Il faut considérer que pour Dieu, nous ne sommes pas que des hommes neutres, basiques, lisses et sans personnalité. Il utilise nos spécificité et nos capacités pour véhiculer au mieux son message. Alors, pourquoi ne pourrait-il pas utiliser une personne possédant suffisement d'autorité dans la sagesse des hommes, pour parler aux hommes par le moyen du Saint-Esprit ? Oui, mais alors pourquoi toi choisirais-tu la sagesse des hommes, sachant qu'elle est folie aux yeux de Dieu ? Parce que j'aime la sagesse des hommes, je connais ses limites, mais je sais que ces limites excèdent mes propres possibilités. Elle est une source de joie pour moi parce qu'elle montre ce qu'il y a de mieux en l'homme après la foi, cette capacité à penser le réel et à vouloir l'expliquer, l'expression de leur intelligence...
   Ici je ne cherche pas le salut. Je l'ai déjà en promesse. Je ne cherche qu'à changer ma condition aux yeux de Dieu. De fardeau à tirer, je me substitue en un disciple qui aide son maître à tirer les autres vers le haut.

Posté par Pataton à 11:52 - Philosophie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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